TAP (Taux Annuel en Pourcentage)
Le Taux Annuel en Pourcentage (TAP), appelé Annual Percentage Rate (APR) en anglais, est une façon normalisée d'exprimer le coût annuel d'un emprunt, ou le rendement annuel d'un placement, sous la forme d'un seul pourcentage. Dans sa version la plus simple, il se calcule en multipliant le taux périodique par le nombre de périodes de calcul des intérêts dans l'année, sans tenir compte du fait que les intérêts peuvent eux-mêmes générer des intérêts au cours de cette même année. Pour un prêt, ce taux va généralement plus loin en intégrant des frais obligatoires, comme des frais de dossier, des points hypothécaires ou certains frais de clôture, répartis sur toute la durée du prêt, ce qui donne une image plus complète du coût que le seul taux nominal. Un TAP plus faible signifie en général qu'un prêt coûte moins cher, puisque la part des intérêts et des frais rapportée au montant emprunté est plus petite ; pour un produit d'épargne, un TAP plus élevé indique généralement un rendement simple plus intéressant. Comme ce taux ignore la capitalisation des intérêts en cours d'année, deux produits avec le même taux nominal peuvent afficher un TAP identique alors que l'un capitalise mensuellement et l'autre quotidiennement. Il est donc surtout utile pour comparer des produits similaires ayant une structure de capitalisation proche, comme deux offres de crédit immobilier, plutôt que pour comparer directement une carte de crédit à un compte d'épargne. Une réserve souvent oubliée est que ce taux ne couvre pas nécessairement tous les frais d'un emprunt, car les établissements peuvent inclure ou exclure certains frais selon la réglementation locale, si bien qu'un TAP annoncé bas n'est pas automatiquement l'offre la moins chère une fois tous les frais additionnés. Dans les marchés dotés de règles de transparence, comme aux États-Unis avec le Truth in Lending Act, les prêteurs sont légalement tenus de calculer et publier ce taux selon une méthode uniforme afin que les consommateurs puissent comparer les offres. Il reste néanmoins une donnée simplifiée, sans effet de capitalisation, ce qui explique pourquoi les professionnels de la finance consultent aussi le taux annuel effectif, ou APY, pour une vision plus complète.
Exemple de Calcul
Prenons une carte de crédit facturant un taux d'intérêt périodique mensuel de 1 %. En multipliant ce taux par 12 mois, on obtient un TAP simple de 12 %, le chiffre que l'émetteur doit communiquer. Si un titulaire conservait un solde de 10 000,00 € pendant un an sans effectuer de remboursement, un calcul simple, sans capitalisation, sur la base de ce 12 % suggérerait environ 1 200,00 € d'intérêts pour l'année. En réalité, la plupart des cartes de crédit capitalisent les intérêts chaque mois, si bien que le coût réel dépasse ce que le TAP seul laisse supposer. En capitalisant 1 % chaque mois pendant 12 mois, on obtient un taux annuel effectif d'environ 12,68 %, ce qui signifie que ce même solde de 10 000,00 € générerait en réalité environ 1 268,00 € d'intérêts, soit un écart réel d'environ 68,00 € par rapport au calcul simple. En ajoutant des frais, le tableau change encore : imaginons un prêt personnel de 10 000,00 € assorti d'un taux nominal annuel de 5 % et de frais de dossier uniques de 200,00 €. En répartissant ces frais sur la durée d'un an du prêt, le coût total augmente d'environ 2 points de pourcentage, portant le TAP à environ 7 %, alors même que le contrat mentionne toujours un taux nominal de 5 %. C'est précisément pour cette raison que les régulateurs exigent la publication du TAP plutôt que du seul taux nominal.
Application Pratique
Les régulateurs imposent la publication du TAP précisément pour permettre aux consommateurs de comparer les offres sur une base équitable. Aux États-Unis, le Truth in Lending Act et sa réglementation associée exigent que les prêts immobiliers, les crédits auto, les prêts personnels et les cartes de crédit affichent ce taux, afin qu'un emprunteur puisse aligner plusieurs offres et voir laquelle est réellement la moins chère une fois tous les frais inclus, sans se laisser tromper par un taux nominal bas qui masque des frais supplémentaires. Prêteurs et emprunteurs utilisent tous deux le TAP au moment de comparer des offres. Un courtier en crédit immobilier présente généralement le taux nominal et le TAP côte à côte, car l'écart entre les deux révèle le montant des points et frais de clôture supportés par l'emprunteur : un écart important signale des frais initiaux élevés, un écart faible une structure de prêt plus simple. Celui qui compare plusieurs établissements pour un même montant et une même durée peut utiliser le TAP comme critère principal de comparaison. Au-delà du crédit à la consommation, ce taux apparaît aussi en finance d'entreprise lors de la comparaison de lignes de crédit, de financements d'équipement ou de prêts de trésorerie à court terme, permettant à un dirigeant d'évaluer rapidement quelle option est réellement la moins coûteuse avant d'étudier le tableau d'amortissement complet. Un indicateur similaire apparaît aussi dans la publicité des produits d'épargne, bien que pour les dépôts, l'APY reste le chiffre le plus précis pour juger du rendement réel.